Un mastère ne garantit pas systématiquement l’obtention d’un diplôme reconnu par l’État, contrairement à ce que laisse penser son intitulé. Certaines écoles délivrent ce titre sans validation officielle, tandis que d’autres bénéficient d’une reconnaissance spécifique, souvent méconnue des candidats.
La confusion entre mastère et master perdure dans les annonces d’emploi et les communications institutionnelles, entraînant des malentendus sur la valeur réelle du diplôme obtenu. La reconnaissance par l’État obéit à des critères stricts, dont la distinction reste essentielle lors du choix d’une formation.
Mastère et master : comprendre les différences essentielles
Pour beaucoup, distinguer un master d’un mastère tient du casse-tête. Pourtant, la frontière institutionnelle est réelle. Le master, remis par une université ou un établissement public, s’inscrit dans la fameuse architecture licence-master-doctorat (LMD). Ce diplôme national donne droit au grade de master et demande deux années d’études après une licence. Il ouvre l’accès à la recherche, à l’enseignement supérieur, ainsi qu’à de nombreux concours de la fonction publique.
À l’opposé, le mastère suit une toute autre logique. Majoritairement proposé par des écoles de commerce ou d’ingénieurs, il ne bénéficie pas toujours d’un tampon officiel. Certains mastères sont labellisés par la Conférence des grandes écoles (CGE), ce qui atteste d’un haut niveau académique, sans pour autant les aligner automatiquement sur le master universitaire. Le mastère vise avant tout une spécialisation professionnelle pointue, conçue pour répondre à des besoins sectoriels très précis.
Voici, pour y voir plus clair, les principales différences :
- Le master : diplôme national, reconnu, délivré par une université, et qui confère le grade de master.
- Le mastère : titre d’école, parfois labellisé, non systématiquement reconnu par l’État, axé sur l’expertise professionnelle.
Le niveau d’études demandé diffère également : le master exige une licence, tandis que l’accès au mastère dépend des établissements et des cursus. La reconnaissance du diplôme influence l’accès aux concours, la poursuite d’études (notamment en doctorat) ou l’éligibilité à certains financements. Il reste donc indispensable de questionner chaque école sur la reconnaissance réelle de son diplôme avant toute inscription.
Reconnaissance par l’État : comment s’y retrouver parmi les diplômes ?
Un mastère n’est pas automatiquement reconnu par l’État. Le système français distingue clairement le diplôme national, délivré sous contrôle du ministère de l’enseignement supérieur, des titres ou certificats proposés par les écoles privées. Pour obtenir un statut officiel, le diplôme doit figurer au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), géré par France Compétences. Ce registre référence les formations dont la pertinence professionnelle a été validée.
Les écoles peuvent également demander le visa du ministère de l’enseignement supérieur ou obtenir le label « diplôme visé », gage de qualité et de conformité du cursus. Ce visa permet à l’établissement d’accueillir des étudiants boursiers et de délivrer un diplôme officiellement reconnu. Pour les étudiants comme pour les employeurs, la mention « visé par l’État » reste un repère sûr.
La reconnaissance se lit sur le libellé du diplôme ou sur le site de l’école choisie. Une formation enregistrée au RNCP permet d’obtenir une certification professionnelle reconnue et adossée à un niveau de qualification précis. À l’inverse, un mastère non visé et absent du RNCP dépend d’une logique purement privée, même si certains labels sectoriels existent.
Pour s’orienter, gardez en tête ces vérifications :
- Assurez-vous que le diplôme figure dans le RNCP ou possède la mention « visé par l’État ».
- Examinez les conditions d’admission et le niveau de qualification remis à la sortie.
- Consultez les listes de diplômes reconnus publiées sur les sites institutionnels spécialisés.
Quels types de mastères existent et à quoi servent-ils réellement ?
Le paysage français affiche une diversité de mastères, tant dans leur contenu que dans leurs usages. Les grandes écoles, en particulier celles de management et d’ingénierie, ont conçu ces formations pour répondre à des besoins ciblés, souvent en phase avec le marché du travail. Leur but : former des spécialistes opérationnels sur des domaines précis, en complément d’un cursus antérieur ou d’une expérience professionnelle.
Globalement, deux grandes catégories se détachent. D’un côté, le mastère spécialisé, initié par la Conférence des grandes écoles (CGE), s’adresse à des diplômés de niveau bac+5, ou à des professionnels en quête d’une compétence pointue. Ce label, reconnu par les entreprises, ne se confond pas avec le diplôme national de master universitaire, mais bénéficie d’une forte proximité avec le monde économique. De l’autre, certains établissements privés proposent des mastères sans label reconnu, dont la qualité et la durée varient fortement.
Les business schools et écoles d’ingénieurs misent sur la spécialisation, la professionnalisation et l’accès rapide à l’emploi. Le mastère spécialisé permet de viser des fonctions de management, de renforcer un positionnement ou de se réorienter vers un secteur en tension. À l’inverse, les mastères non labellisés ne bénéficient pas toujours d’un accueil favorable de la part des recruteurs.
Avant de choisir sa formation, il reste judicieux de :
- Sélectionner les cursus certifiés par la Conférence des grandes écoles ou référencés au RNCP.
- Se renseigner sur le réseau d’entreprises partenaires et les statistiques d’insertion professionnelle communiquées par l’école.
Quelle valeur un mastère reconnu apporte-t-il sur le marché du travail ?
Sur le marché du travail, disposer d’un mastère reconnu par l’État place le candidat sur une trajectoire rassurante. Un mastère enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) signifie que le cursus répond aux attentes des entreprises, tant en compétences qu’en niveau de qualification. Cette démarche officialise la reconnaissance du diplôme et facilite la mobilité professionnelle, l’évolution de carrière, ou l’accès à des postes à plus fortes responsabilités.
Face à la multiplication des diplômes, les recruteurs s’appuient sur ces labels pour repérer les formations alignées sur les besoins métiers. Un mastère bénéficiant du titre RNCP ou du visa du ministère de l’enseignement supérieur s’inscrit dans une dynamique de certification professionnelle validée. Son niveau, généralement à bac+5, reste déterminant pour passer certains concours, négocier un salaire ou accéder à des fonctions d’encadrement.
La reconnaissance par l’État joue également lors des mobilités à l’international ou dans le cadre des validations d’acquis de l’expérience. En France, elle demeure un gage de confiance, aussi bien pour les entreprises privées que pour le secteur public, et s’inscrit dans une perspective de formation continue.
Avant de vous engager, prenez le temps de :
- Vérifier l’inscription du mastère au RNCP ou l’obtention d’un diplôme national.
- Consulter les taux d’insertion professionnelle publiés par l’établissement visé.
Un mastère reconnu rend le parcours du candidat lisible aux yeux des employeurs et renforce sa légitimité sur le marché du travail, notamment dans les secteurs où la régulation des titres et des qualifications ne laisse aucune place au hasard. Choisir un diplôme bien identifié, c’est s’ouvrir des portes et éviter les mauvaises surprises.

