Débuter un parcours professionnel avant même d’avoir soufflé ses seize bougies ? En France, c’est possible, mais chaque étape est surveillée de près. La porte du préapprentissage s’ouvre parfois dès 14 ans, mais ce scénario reste rare, réservé à des profils précis et encadré par des textes qui n’autorisent guère l’improvisation.
Entrer dans un centre de formation d’apprentis (CFA), c’est généralement pour les jeunes ayant fêté leurs 15 ans, souvent via la formation DIMA (Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance). Les modalités varient en fonction du parcours scolaire et du projet professionnel : un vrai casse-tête, parfois, au moment de l’inscription.
À quel âge peut-on commencer le préapprentissage ?
En France, le cadre réglementaire de l’apprentissage a beaucoup évolué. La loi de refondation de l’école, impulsée par Vincent Peillon, a mis fin à l’accès au préapprentissage dès 14 ans. Aujourd’hui, le contrat d’apprentissage obéit à des règles précises : l’âge de référence, c’est 16 ans. Mais il existe une exception : un jeune peut se lancer dans l’apprentissage dès 15 ans s’il a achevé sa scolarité au collège, c’est-à-dire la troisième.
Voici les principaux cas de figure à connaître :
- Le contrat d’apprentissage s’adresse aux jeunes âgés de 16 à 29 ans.
- Les élèves qui terminent le collège et qui célèbrent leur quinzième anniversaire entre la rentrée et le 31 décembre peuvent intégrer un CFA dès 15 ans.
- Au-delà de 29 ans, seules quelques situations particulières, travailleurs en situation de handicap, sportifs de haut niveau, ou poursuite d’études supérieures, permettent de signer un contrat d’apprentissage.
La loi du 5 septembre 2018 a clarifié cette notion de limite d’âge et a mis fin au préapprentissage à 14 ans. Seuls de très rares secteurs, comme le spectacle ou le mannequinat, bénéficient encore d’une dérogation.
Pour les jeunes de 15 ans sans employeur ou en rupture de contrat, des alternatives existent sous statut scolaire afin d’éviter tout décrochage. Les textes laissent peu de place à l’improvisation : chaque situation requiert une lecture attentive et une préparation minutieuse des dossiers.
Préapprentissage à 14 ou 15 ans : ce que dit la loi et comment ça fonctionne
Depuis la réforme liée à la loi de refondation de l’école, le préapprentissage à 14 ans a disparu. Pourtant, pour les jeunes désireux de s’orienter tôt vers une formation professionnelle, la formation DIMA (Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance) offre une solution concrète. Ce dispositif vise les élèves de 15 ans ayant validé leur cursus de collège, et il fonctionne sous statut scolaire avec l’accord des familles.
La formation DIMA, c’est l’occasion de découvrir les métiers sur le terrain. L’alternance entre cours au CFA et immersion en entreprise permet de tester des vocations, accompagné par un tuteur dans chaque structure. On ne parle pas ici de rémunération, mais d’un premier contact structuré avec le monde du travail. La durée de ce parcours varie, parfois quelques mois, parfois jusqu’à une année scolaire, selon les besoins et le projet de l’élève.
Avant 16 ans, le statut scolaire prévaut : seuls les jeunes qui atteignent 15 ans entre la rentrée et le 31 décembre peuvent intégrer un CFA dans des conditions spécifiques. Le dispositif prévoit aussi des solutions pour les jeunes sans employeur ou en rupture de contrat, afin d’éviter qu’ils ne décrochent du système éducatif.
Prenons l’exemple d’Émilie, à Limoges : à 15 ans, elle a suivi la formation DIMA, épaulée par un tuteur au CFA et un référent en entreprise. Cette expérience lui a permis de préciser son orientation sans rompre avec le cadre scolaire. Ce type de préapprentissage prépare à la signature d’un contrat d’apprentissage dès que l’âge le permet, tout en familiarisant avec les exigences du monde professionnel.
Pourquoi choisir le préapprentissage ? Avantages et premières expériences
Le préapprentissage propose une alternative pour les jeunes qui veulent agir, découvrir et construire leur avenir sans attendre la majorité. Dès 15 ans, la formation professionnelle en alternance offre une vraie plongée dans la réalité : intégration dans une équipe, découverte concrète d’un métier, adoption progressive des codes professionnels. Mais ce parcours va bien au-delà de l’apprentissage technique. Il renforce la motivation, l’engagement, et agit comme un rempart face au décrochage scolaire.
Ce dispositif concerne celles et ceux qui ont besoin d’expérimenter pour s’orienter. Les possibilités sont vastes : apprentissage en pâtisserie, photographie, menuiserie, commerce… Autant de secteurs qui permettent de valider un choix et d’éviter les erreurs d’orientation. Pour beaucoup, c’est un tremplin vers l’avenir, un moyen d’affiner son projet avant de s’engager plus loin. L’expérience d’Émilie, mentionnée plus haut, illustre ce cheminement : encadrée, guidée, elle a pu confirmer son projet professionnel tout en restant dans le cadre rassurant de l’école.
Pour éclairer les bénéfices concrets, voici ce que le préapprentissage met sur la table :
- Acquisition de compétences pratiques et théoriques
- Insertion facilitée sur le marché du travail
- Renforcement de l’égalité des chances
Le préapprentissage crée donc une passerelle solide entre l’école et l’entreprise. Cette formule répond à une forte attente du marché du travail et encourage les jeunes à s’investir dans des filières parfois délaissées. En associant connaissances générales et expérience concrète, le parcours réduit les risques de rupture ou d’orientation subie.
Centres de formation, démarches et conseils pour bien démarrer
Avant de se lancer, il s’agit d’identifier le Centre de Formation d’Apprentis (CFA) adapté à son projet. Chaque CFA propose des formations spécifiques, du CAP au BTS, alignées sur les besoins des entreprises locales. L’accompagnement pédagogique repose sur des équipes dédiées, en lien avec les tuteurs en entreprise. Le va-et-vient entre enseignement théorique et mise en pratique structure le parcours.
Le contrat d’apprentissage formalise l’engagement entre l’apprenti, l’employeur, et, pour les mineurs, le représentant légal. Ce document cadre le temps de travail, la rémunération, et précise les rôles de chacun. Une fois signé, il est transmis à l’OPCO (opérateur de compétences) pour validation et prise en charge financière. Cette étape, parfois complexe, mobilise autant les services du CFA que ceux de l’entreprise d’accueil.
Pour clarifier les démarches, gardez en tête ces points clés :
- Un apprenti mineur doit être représenté par un parent ou un tuteur légal, garant du respect des règles.
- Le salaire brut évolue selon l’âge et l’année de formation : il démarre à 486 euros pour un apprenti de moins de 18 ans en première année, et peut atteindre 955 euros pour un jeune de 21 à 26 ans dans la même situation.
- Plusieurs aides sont accessibles, notamment la bourse de lycée sous conditions de ressources ou certaines mesures issues du plan de relance.
Privilégier un CFA certifié Qualiopi permet de s’assurer d’un haut niveau d’exigence. Certains établissements proposent un accompagnement individualisé, des périodes d’observation en entreprise et un coup de pouce pour trouver une structure d’accueil. La réussite du préapprentissage tient à la qualité du dialogue entre formateurs, maîtres d’apprentissage et jeunes, mais aussi à la bonne gestion administrative, du dossier d’inscription au démarrage effectif de l’alternance.
Pour ceux et celles qui font le choix du préapprentissage, le départ se joue souvent sur un fil : entre impatience de grandir et besoin d’être guidé, le premier pas compte. C’est là que tout commence.


